Par Roody Balan
Alors que les lumières de Noël scintillent sur l’île d’Hispaniola, un contraste saisissant déchire la réalité des deux nations. D’un côté, la communauté haïtienne en République Dominicaine s’enfonce dans une terreur quotidienne sous le poids des déportations massives. De l’autre, à Port-au-Prince, les membres du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) semblent plus préoccupés par leurs privilèges et des scandales de corruption que par le sort de leurs compatriotes.
Une Vie sous Surveillance : Le Calvaire des Visas Interdits
Pour les milliers d’Haïtiens vivant de l’autre côté de la frontière, la peur a remplacé l’espoir. L’administration du Président Luis Abinader a durci sa politique migratoire de manière drastique. Le constat est amer :
- Suspension des Visas : L’octroi et le renouvellement des visas pour les ressortissants haïtiens restent suspendus, plongeant même ceux qui étaient en règle dans l’illégalité forcée.
- Expulsions Records : En 2025, les chiffres sont vertigineux. Plus de 240 000 Haïtiens ont été rapatriés entre janvier et novembre, avec des pics dépassant parfois les 10 000 expulsions par semaine.
- Un Climat de Panique : Les témoignages décrivent des chasses à l’homme dans les quartiers, des arrestations arbitraires et une précarité absolue. Sans documents légaux, l’accès au travail et aux soins devient un parcours du combattant.
Pendant ce Temps, le CPT « Fait son Jus »
Pendant que nos compatriotes sont traqués, les neuf membres du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) en Haïti semblent évoluer dans une autre dimension. Au lieu de mobiliser la diplomatie internationale pour protéger les migrants, le Conseil est empêtré dans des luttes d’influence et des affaires judiciaires.
Le malaise est profond, car au moins trois membres du CPT sont cités dans des actes de corruption répétés qui scandalisent la nation :
- L’Affaire de la BNC : Trois conseillers-présidents — Smith Augustin, Louis Gérald Gilles et Emmanuel Vertilaire — ont été directement indexés par l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) pour des soupçons de sollicitation de pot-de-vin à hauteur de 100 millions de gourdes auprès de l’ex-président de la Banque Nationale de Crédit (BNC).
- Impunité et Privilèges : Malgré les rapports accablants, ces membres conservent leurs postes, bénéficiant des avantages de l’État pendant que la population croupit dans la misère et l’insécurité.
- Absence de Vision : La diplomatie haïtienne est quasi inexistante face à Saint-Domingue. Le CPT, au lieu d’être un bouclier pour la nation, est devenu un poids supplémentaire par son manque de crédibilité.
Conclusion : Une Nation Délaissée
Le contraste est insupportable. D’un côté, des travailleurs haïtiens honnêtes sont humiliés et chassés d’un pays voisin qui leur refuse tout droit légal. De l’autre, des dirigeants qui devraient être leurs défenseurs se servent dans les caisses de l’État et ignorent les cris de détresse venant de l’Est.
Si le CPT ne parvient pas à se laver de ses soupçons de corruption et à placer la dignité humaine au centre de ses priorités, l’histoire retiendra qu’au moment où Haïti avait le plus besoin de chefs, elle n’a trouvé que des opportunistes.
Souhaitez-vous que je rédige une lettre ouverte ou un communiqué de presse basé sur ces faits pour interpeller les autorités ?
Plus de 240 000 Haïtiens expulsés par la République dominicaine en 2025 Cette vidéo documente l’ampleur sans précédent des déportations massives et la crise humanitaire qui en résulte à la frontière.
